2022 restera comme une petite saison de navigation pour Azadi ponctuée de deux aller/retour en Bretagne sud. Mais un autre projet allait prendre le relais pour agrémenter cette année.  Septembre verra bien la réalisation de

Un projet sympathique occupait notre groupe de copains depuis quelques temps et il s’est concrétisé en 2022, le tour de la Corse en mobylette, en Bleue, la vraie de chez Motobécane, celle de nos 15 ans.

Germée début 2019 dans l’esprit toujours inventif de mon copain Jean-Marc lors d’une semaine festive de Jour de l’An, cette idée un peu folle a mis un peu de temps avant de se concrétiser. Pourtant, peu de temps après ce même Jean-Marc achetait sa première mobylette, puis une seconde pour son épouse. Le ver, non, le « bleu » était dans le fruit, nous n’avions d’autres solutions que de nous y mettre à notre tour.

Le Covid passant par là nous retardera un peu même si, en fait, il nous fallait aussi attendre que chacun/chacune ait sa mobylette et surtout que toutes et tous soient disponibles,  comprenez « en retraite« , à la période choisie (septembre) pour que ce projet aboutisse. Ce sera chose faite en 2022.

Début janvier 2022, tous ensemble, à peine remis de notre soirée festive du réveillon, nous lançons donc l’opération MobyCorse 2022 : Réservation du ferry, recherche des hébergements, définition sommaire du parcours et première liste de toutes les questions que nous nous posons en terme d’organisation. Hé oui, nous serons quinze à nous embarquer dans cette aventure dont … 10 mobylettes, pas moins.

Autant dire que cela va bien nous occuper.

L’idée maitresse est de faire le tour (ou peu s’en faut) de la Corse en mobylette.

L’itinéraire MobyCorse 2022. Une belle balade.

Mais ce n’est pas un raid, c’est avant tout un bon moment de vacances à partager entre nous. L’organisation vise donc à bien débroussailler tout cela afin que nous puissions profiter de ces deux semaines dans l’île de beauté, visiter, se baigner et buller sur la plage.

Cela se concrétisera par une feuille de route – enfin, plutôt une douzaine de feuilles de route synthétisées par Michel (T) – recensant le parcours, les hébergements, la préparation optimum de nos montures – et de l’équipement – les véhicules qui feront la traversée et ceux qui resteront à Sanary chez des amis de Jean Marc -Merci, Odile et Georges.

Ainsi certains soignent les mobs…

…quand d’autres fignolent leur look !

Les protagonistes de cette aventure :

Un très bon groupe d’amies/amis de très très très longue date renforcé pour l’occasion par Patrick (frère de Michel L.) et son épouse Sylviane. Moyenne d’âge à l’arrivée en Corse, 64 ans 9 mois et 26 jours, et toujours verts.

Catherine est notre benjamine, une gamine d’à peine 61 ans, alors que Patrick remporte facilement le titre de doyen du haut de ses (censuré) ans.

Parlons en de celui-là ! On connait Michel (L) depuis presque mille ans. On s’est dit qu’on ne prenait pas de risques à laisser son frangin se joindre à nous, qu’il ne pouvait pas être pire…. Ben, le doute demeure !

Arrivé à Sanary, Patrick s’aperçoit qu’il a oublié son casque et ses gants ! Par chance, Georges peut lui prêter le nécessaire. Mais ce n’est pas suffisant pour Patrick qui tient à se mettre au niveau de son frère. Voulant vérifier un truc sur sa fourche, il casse l’attache supérieure de celle-ci.  Pendant que Michel (L) s’attaque à la réparation (perçage et taraudage sont les deux mamelles du bon bricoleur), Jean-Marc va chercher une fourche d’occasion opportunément dénichée à quelques kilomètres de là sur Leboncoin. Tout sera prêt à temps, Patrick devra juste éviter les nids de poule qui pourraient fragiliser la réparation. Patrick sera accompagné dans cette aventure par son épouse, Sylviane.

Au passage, petite vérification sur la mobylette de l’inconsciente du périple, Muriel, qui s’embarque dans l’aventure avec une AV40, sans amortisseurs arrière !!!

Puisque vous connaissez maintenant Patrick et Sylviane, je vous présente le reste de la Dream Team Mobycorse.

Honneur à ‘l’inventeur‘ de cette joyeuse équipée,

Jean-Marc et son épouse Maïté, prête à le suivre dans tous ses délires,

Tous deux sont inscrits en catégorie « Mobeurs »

Michel (L) et son épouse, Nadine.

Michel (L) est « mobeur » bien sûr mais pas que ! Il aura joué un rôle majeur dans la réussite de ce projet en étant LE préparateur/réparateur de nos mobs. Bien sûr, chacun devait préparer sa monture mais Michel les aura quasiment toutes inspectées avant le départ et, sur place, pas une réparation ne se faisait sans lui. Un grand merci, mon ami, pour ton implication sans faille.

Nadine, quant à elle a concocté un programme de visites des plus complets.

Michel (T), le « trésorier » du groupe, enfin celui qui maitrise le Tricount comme sa poche et nous permet en temps réel de savoir qui doit payer le prochain resto. Malheureusement, nous serons privés de son épouse, Claudine, retenue par une importante compétition de Boccia à Rome. Claudine, en plus d’être arbitre internationale dans cette discipline, entraine une joueuse de Boccia. Respect Claudine, même si nous aurions aimé que tu partages ces bons moments avec nous.

Coucou, Claudine….et bonne compétition.

Michel (T) est lui inscrit en catégorie « Mobeurs » avec une bleue de 1964…

Ahh, c’est quoi, la Boccia…..pour ne pas mourir (complétement) idiot, voir ici.

Michel (T) tout sourire.

Bernard et Muriel.

Parmi les filles inscrites en « mobeur », il y a Muriel. Témérité ou inconscience, on ne sait, toujours est-il qu’elle pilotera un AV40 très jolie mais dépourvue de suspensions arrière….

Bernard est inscrit en catégorie « Dépanneur« . Au volant du minibus Teepee bien fourni en outillage et pièces de rechange, il suivra les mobs tout au long du périple, le plus  souvent seul. Sans son dévouement, cette belle aventure n’aurait pas pu se dérouler d’aussi bonne façon. En plus d’être présent en cas de pépin mécanique, il assurait aussi une protection lorsque nous nous arrêtions en bord de route. 10 mobs, ça prend de la place et, même si nous essayions de ne pas créer de problèmes, il nous arrivait de ralentir quelque peu la circulation.

Allo, garage Gaudin, j’écoute …

Il n’aura de cesse de s’assurer que tout se passe le mieux possible pour tous, sans oublier de nous régaler avec le sketch de Daniel Prévost, le garage Gaudin.

Venus de leur lointaine Normandie, Pierre et Béa animeront à leur façon cette quinzaine corse. Après des débuts difficiles, Pierre saura se montrer à la hauteur de sa réputation lorsqu’il s’agit de mettre de l’ambiance.

Béa, qui n’est pas en reste en la matière, se fera également remarquer par ses coquetteries vestimentaire. Sur la mobylette, cela compensera un pilotage… prudent !

Côté bleue, Pierre roulera sur une AV88 prêtée pour l’occasion par Cyril, le fils de Jean-Marc, alors que Béa sera au guidon d’une AV92, quasiment un avion de chasse comparé à certaines mobs bien plus asthmatiques.

Pierrot bichonne la « bleue » de Béa

 Il fut un temps (que les moins de 20 ans …) où Motobécane faisait des engins utilitaires exceptionnels. A côté des Chaudrons (des AV89, pas des casseroles, suivez un peu !) et autres bleues, certains cyclos étaient un concentré de technologie mobylistique ! La série des AV 92 fait partie de ces engins là, bourré de tout ce que savait faire la firme à la mobylette : double variateur, boite relais, suppression de la chaîne de vélo sont autant d’éléments qui font de cet engin une “super mobylette”. Celle de Béa, à l’origine de couleur dite orange “colas” (comme l’entreprise de BTP) a hérité d’un bleu plus « mob ». Ajoutez un kit 70 cm3 aux caractéristiques initiales de l’engin et vous comprendrez pourquoi Béa avalait les pentes corses avec autant de facilité quand d’autres, dont votre serviteur, pédalaient comme des dératés.

​Tous les deux sont donc inscrits en catégorie « mobeur« 

Gilles et Catherine sont de la partie. Enfin en retraite, Gilles participera à notre tour de Corse sur un magnifique 103 Peugeot. Déniché non loin de chez eux, l’occasion était trop belle pour Gilles de se faire plaisir au guidon du cyclo de ses jeunes années.

Seul problème, pas de stock de pièces pour lui. Il a confiance. Malgré cette traitrise, son inscription en « mobeur » est acceptée.

Brigitte et moi.

Catherine formera un duo de choc avec Brigitte au volant du Kangoo. Programme libre pour les filles mais dans les faits, elle suivront souvent les mobylettes, nous devançant parfois dans les camping pour prendre possession des mobil-home en avance. Catherine assurera la majeure partie de la conduite, Brigitte n’étant pas fan des petites routes corses.

Nadine et Sylviane seront la plupart du temps par monts et par vaux, explorant chaque crique, arpentant chaque plage dûment repérées au préalable, tandis que Bernard ne lâchera pas les mobs d’un pneu aux commandes de son Teepee d’assistance.

En bref, une quinzaine de bons copains bien décidés à prendre du bon temps ensemble et à ajouter un nouveau chapitre à la longue histoire de leur amitié.

L’organisation donc…

Nous mettrons le maximum de choses en communs, partageant tous les frais en 15. Pour l’hébergement, à chaque site, nous tirerons au sort notre logement ainsi que ses occupants. Seule exception, Patrick et Sylviane, n’étant pas des habitués de la troupe, passeront l’essentiel de leur séjour avec Michel et Nadine. Finalement, ils se sont si bien intégrés – et pas seulement à l’apéro – que nous aurions pu nous abstenir de cette exception.

Venant de Poitiers, Fonvérines, Rouen, Perpignan, Fontaine-sous-Ouerre (cherchez pas, les meilleurs GPS s’y sont cassés les dents) et région parisienne, toute la troupe avait donc rendez-vous à Sanary chez Odile et Georges le 6 septembre à 15h30 afin de rallier ensemble le port de Toulon (Embarquement prévu à 19h30 pour rallier Bastia le 7 au petit matin). Nous laisserons sur place 2 remorques et 2 voitures. Merci Odile et Georges !

Venant de Poitiers, nous co-mobyletterons avec Gilles et Catherine pour faire route vers Albi, première étape ou nous retrouvons Michel (T) avant de rallier Sanary retrouver le reste de la troupe.

Comme tout bon tour, nous aurons notre « prologue », en l’occurrence la liaison de Sanary au port de Toulon, une petite quinzaine de kilomètres.

Odile et Georges, nos hôtes de Sanary, nous accompagneront avec leurs motos. Et nous voilà partis pour Toulon. 3 voitures (Tepee, Kangoo et Berlingo) et 8 mobylettes – 2 faisant la traversée dans les véhicules. L’ami Gilles nargue les lourdes AV88 avec son Peugeot 103 orange. Las, histoire de bien commence, le 103 refusera tout service à mi-parcours. Changement de bougie express par le Garage Gaudin, déjà sollicité, mais rien n’y fait. Sans nul doute une panne mineure mais, pressés par les horaires de marée, le départ du ferry, l’âge du capitaine…, nous chargeons le 103 dans le Kangoo et Gillou finira l’étape sur 2 roues avec ma mob. L’honneur est sauf. Le reste du prologue se passera sans souci et les  mobeurs  pénètreront dans le ferry avec les autres motards, non sans avoir déjà suscité quelques échanges sympathiques dans la file d’attente. Un aperçu de ce qui nous connaitrons au quotidien en Corse.

Sitôt pris possession de nos cabines respectives, rassemblement sur le pont supérieur pour fêter le début de notre aventure. Double occasion de partager un apéritif convivial puisque Bernard de Muriel fêtent leurs … 42 ans de mariage !!!! Bravo à tous les deux… 42 ans, pfuiiiittttttt …

… comme au premier jour.

Si le bar fournit le liquide, l’organisation « MobyCorse » est déjà présente avec les « solides » nécessaires à ce genre de festivité. Merci à tous les deux de nous éviter un dessèchement précoce, cela augure bien de la suite du voyage.*

L’occasion aussi de distribuer le tee-shirt MobyCorse qui sera fièrement porté durant notre voyage.

Les étapes :

7 septembre, Bastia – Saint-Florent – Ostriconi (54 kms)

Sitôt débarqués du ferry, cap sur le p’tit déj. Il faut bien cela pour nous remettre de notre traversée, très calme pour certains, plus animée pour d’autres. Un hélicoptère est en effet venu faire une démonstration de vol stationnaire le long du ferry pour procéder à une évacuation sanitaire. Et çà ronfle, un hélico, juste à hauteur de la cabine de Jean-Marc et Maîté, bien plus fort que censuré

Petit déjeuner copieux et revigorant pour tous avant d’attaquer le première étape qui doit  nous amener à Ostriconi, en passant par Saint Florent.

Dès la sortie de Bastia, l’affaire se corse (qu’il est drôle…). Nous avons fait le choix d’emprunter au maximum les petites routes. Et nous sommes servis. C’est surtout une route très pentue qui s’offre à nous, la D264. Si la majeure partie des mobs montent sans encombre, il n’en est pas de même pour Pierrot et moi. Nos brêles ne veulent rien savoir et c’est moitié pédalant moitié poussant – mais surtout suant et jurant – que nous viendrons difficilement à bout de ce col hors catégorie. Le crématorium de Bastia marque la fin de notre calvaire… façon de parler . M’enfin, l’essentiel n’est pas la vitesse mais bel et bien d’arriver à bon port.

Mais dans quelle galère nous sommes nous fourrés ??? Pierrot aura un petit coup de fatigue et sera remplacé par Gillou (dont le 103 est toujours HS) pour la suite de l’étape. Installé dans le Kangoo avec Catherine et Brigitte, il leur fera une petite peur nécessitant un arrêt en urgence sur le bord de la route, puis une petite demie heure allongé dans l’herbe avant de reprendre du poil de la bête d’abord, le guidon de son bolide ensuite après Saint Florent. La suite de l’étape se passera sans encombre, un bon  repas (restaurant U Salone à Santo-Piétro-di-Tenda) au milieu du désert des Agriates agrémenté par les sympathiques histoires du patron, Dominique, content de voir arriver 15 convives, et bien conclu par le petit verre de limoncello, myrrhe ou châtaigne offert par la maison.

7 septembre, premier resto !

Arrivés au camping, ( camping village Ostriconi – voir ici ),

Nous retrouvons Michel L. parti dès le matin à l’aéroport de Calvi récupérer sa belle, Nadine, qui a fait le voyage en avion depuis Paris.

Ils en ont profité pour faire une excursion sans oublier de se restaurer.

Au menu de cette première soirée corse, petite maintenance pour les mobs et changement de bougie et d’antiparasite pour le 103 qui repart comme si de rien n’était. Pour la mienne, l’embrayage/variateur sera à changer (j’en ai un neuf dans les sacoches) mais l’opération est reportée… en espérant qu’il n’y ait pas de trop fortes pentes lors de la prochaine étape. Et pour faire bonne mesure, la fourche dénichée non loin de Sanary sera installée sur la mob de Patrick…

Une fois cette partie de mécanique achevée – qui permettra aux 10 mobs d’être opérationnelles pour le lendemain -, tout le monde à la plage avant un apéritif bien mérité et une petite pizzeria pour finir !!!!

8 septembre, Ostriconi-Calvi

Nous ne resterons qu’une nuit au camping village d’Ostriconi. Dès le 8, on the road again, direction Calvi et le camping « les castors » pour deux nuits. Une étape de transition sans souci ponctuée d’une halte à l’île rousse, l’occasion d’une belle balade jusqu’au phare de la Pietra et d’un bon restaurant sur la place de la ville.

Dans l’après-midi, histoire de profiter des petites routes corses et de leurs beaux paysages, nous ferons un détour par Pigna, village hors du temps et de l’espace, juché sur les montagnes de Balagne.

Village médiéval fixé à la roche comme pourraient l’être des nids d’aigle, Pigna du haut de ses 260 mètres d’altitude domine totalement la vallée de la Nervia. Dans Pigna les ruelles sont étroites, entourées de chaque côté par des maisons à l’architecture corse typique aux briques très claire, aux teintes pleines de soleil et aux volets bleus azur.

Pigna, aujourd’hui berceau d’une communauté d’artisans et de musiciens, doit sa renaissance à deux potiers qui se sont installés dans le village à la fin des années 60, rapidement suivis par un sculpteur et un flutier. Le renouveau du village se verra d’autant plus que les toits des maisons de Pigna verront leurs tuiles orangées à nouveau mises en valeur alors que les volets de ces mêmes maisons perdront leur couleur marron pour laisser place à un bleu resplendissant que l’on voit aujourd’hui.

Pigna est dominée par l’église du village, construite dans un style typiquement italien à la fin du 18ème siècle.

Les routes qui mènent à Pigna sont particulièrement tortueuses. Ainsi Bernard arrivera par un chemin, les mobs par un autre tandis que Catherine et Brigitte, lassées des demi-tours que leur imposait le GPS fileront directement à Calvi pour nous précéder et prendre possession des bungalows au camping les Castors. ((voir le camping ici)

Le soir, après une petite séance d’entretien mécanique, nous aurons le plaisir d’y recevoir la visite d’Anne, une adorable copine de ma fille Soizic, et de son compagnon, Vincent.

J’avais omis de préciser à Anne que nous étions 15… Mais pas de souci pour eux. Nous passerons une agréable soirée tous ensemble, les gardant même pour partager notre dîner. Un bon moment, pas du tout ambiance Ephad …

Le lendemain sera une journée chargée puisque nous ferons une balade dans la cité de Calvi, connue pour ses plages et sa baie en forme de demi-lune mais surtout pour son immense citadelle médiévale qui surplombe la marina depuis l’extrémité occidentale de la baie. La ville est traversée par des ruelles pavées et accueille la cathédrale baroque Saint-Jean-Baptiste. Nous déjeunerons dans l’un des restaurants qui bordent le port, sur l’esplanade du quai Landry.

Une belle balade sur les remparts de la citadelle, l’occasion de tirer le portrait de nos ami-e-s…

Pierrot, un garçon dans le vent…

Un joli tag nous rappellera que Jacques Higelin était un fidèle de Calvi, une ville qui l’a vu grandir et dont il était citoyen d’honneur depuis 1985

« Vivez heureux aujourd’hui car demain il sera trop tard. » Ce mantra, il l’a gravé des murs aux plafonds du cabaret mythique de Calvi, qu’il immortalise en 82 dans La ballade de Chez Tao. (à écouter ici)

Mes pensées s’envolent vers CalviDans la citadelle de mes amis

L’après-midi, une partie des irréductibles mobeurs enfourcheront leurs montures pour une balade jusqu’à la plage de L’Alga. Embarqué dans le minibus avec Brigitte, Gilles et Catherine, nous les regarderons avec envie rallier cette superbe plage mais nous ne risquerons pas le Teepee dans la pente. Il y a bien quelques véhicules près de la plage mais la remontée laborieuse d’un 4X4 qui en revient nous dissuade de tenter l’aventure. Pas de souci avec les mobs aussi bien à la descente qu’à la remontée.

Nous laisserons ces intrépides mobeurs à leur baignade et ferons demi-tour, direction le camping et sa piscine.

10 septembre, Calvi-Ota

Au moment de partir, il nous manque … Gillou. La veille au soir, il a oublié sa casquette « Rocket 3 » chez des amis, (un truc sans forme ni couleur, mais offert par ses enfants, il y tient !!!!!) du coté de l’Île Rousse ! Dès l’aube, il a enfourché son 103 et filé récupérer sa casquette. Médisants, nous attendions son appel au garage Gaudin, mais non, il reviendra sans avoir connu le moindre problème. Bravo, mais ne recommence pas !!!

Il se hisse quand même au niveau de Patrick pour notre concours « J’ai oublié un truc »

A notre première pause café nous recevons un appel du camping qui a retrouvé une tablette dans un des mobil home. L’heureuse élue, Nadine, rebrousse donc chemin, avec Sylviane, et remonte très fort au concours « j’ai  oublié un truc »…

Une étape relativement tranquille qui nous conduira à notre troisième étape.

Une paillote dans la montage nous permettra de pique-niquer très confortablement. D’autant plus qu’il est possible de se ravitailler en bières, glaces (excellentes). Un bon moment passé à profiter de la belle nature environnante.

Nous croiserons un superbe combi VW qui aurait fait un parfait véhicule d’assistance « vintage » .

Le soir nous verra bien installés dans les chalets du camping Funtana à l’Ora. Nous y resterons deux nuits.

Barbecue le premier soir et pizzas au restaurant du camping le deuxième soir.

Le camping Funtara à Ora (voir ici)

le 11 septembre …

Les irréductibles enfourcheront leurs mobs pour une balade à l’intérieur des terres, direction les gorges de Spelonca, véritable canyon à quelques minutes des aiguilles de Piana. Petite promenade le long de cette rivière qu’enjambe de magnifiques ponts génois, pique-nique et baignade dans une eau très « revigorante »…

Légende lue sur un panneau proche de la rivière qui illustre les conflits territoriaux pour la possession des terres entre les bergers du Niolu et les villageois d’Ota de d’Evisa.

Dans la forêt d‘a Lonca, vers Puscaghja, on raconte que dans une grotte de Canavalandru au dessus du chemin de transhumance se rendant dans le Niolu vivait un terrible serpent aux ailes de chauve-souris. Il dévorait tous ceux qui qu jour  i passaient en contrebas ; bergers, troupeaux ou animaux sauvages. Un jour, un jeune berger courageux le tua. Un an après, un autre berger passant près de ses restes donna un coup de pied dans la tête. dans un vacarme épouvantable, en sortit un énorme bourdon (u bufonu). Il répandit la terreur dans toute la vallée d’a Lonca et la bergerie de l’aghjunghjenti qui, à l’époque, appartenait au Niolu. Une vieille femme d’Ota alla voir les niolins et leur proposa de les débarasser du bourdon à condition qu’ils cèdent leurs droits sur la forêt et sur la bergerie. Ils acceptèrent.

La vieille femme se boucha les oreilles pour ne pas entendre le tumulte du bufonu, prit una zucca (gourde faire dans une courge) qu’elle remplit de miel, s’approcha du bufonu qui entra dans la zucca. elle la boucha et la rapporta à Ota où elle la jeta dans le four et la gourde explosa.

depuis, il n’y eut plus de bufonu et la forêt de Lonca appartient à la commune d’Ota

L’après midi verra nos irréductibles mobeurs de nouveau en selle pour une première balade dans les calanques de Piana suivi d’une baignade dans l’anse de Ficajola.  Pour rejoindre cette dernière, la descente est très très raide. La remontée sera d’autant plus ardue. Prudent, je prendrai de l’avance, ce qui n’empêchera pas nombre de mes copains de me dépasser avant le sommet – j’avoue, j’ai mis pied a terre pour soulager l’embrayage de ma mob qui refusait d’avancer .

le 12 septembre sortie bateau

Nous avions prévu de consacrer une journée pour une sortie en mer. Le golfe de Porto avait retenu notre attention. Nous avions donc loué deux pneumatiques afin de convoyer toute la troupe. Seule, Sylviane préfèrera zapper cette sortie.

Nous prendrons possession de nos deux bateaux en début de matinée. Chacun peur accueillir 8 passagers, nous y serons donc à l’aise. Un 200 cv pour Bernard, 150cv pour moi qui partagerait les commandes avec Patrick, lui aussi titulaire du permis Mer.

Le programme de la journée. Nous longerons la cote sud du golfe de Porto jusqu’au Cap Rossu que nous dépasserons pour aller pique-niquer dans une anse sympathique . Puis traversée du golfe jusqu’à la Punta Muchillina – Patrick et Bernard bord à bord à 30 nœuds sur une mer quasiment d’huile – au nord du golfe de Girolata. Le secteur de la Girolata a été bien atteint par la tempête récente et nous apercevrons des épaves le long de la cote.

Et ce sera le retour en milieu d’après-midi à Porto. Une trentaine de milles parcourus par beau temps et mer calme. Un grand bol d’air iodé et un très belle journée pour tous.

12 septembre, golfe de Porto

Le Sphynx, superbe jeu d’ombres et de couleurs.

photo de Michel (T)

Tête de chien…

Le club des marcheurs – Nadine, Sylviane, Michel (L) et Patrick se feront une petite randonnée jusqu’au Château fort, nous offrant une belle vue sur le large.

Balade au château fort pour le club des marcheurs.

13 septembre, Ota-Calcatoggio

Encore une belle étape ponctuée d’une halte à Cargèse, où je m’étais arrêté en 2017 avec Azadi.

J’écrivais alors :

Nous avons partagé ce séjour en plusieurs parties : navigation  jusqu’au golfe de Piana avec une escale a Cargèse et un concert de chant polyphonique corse dans l’une des deux églises de la ville, puis une escapade en train jusqu’à Corte et enfin une seconde navigation pour découvrir Bonifacio

Sur la route des calanques de Piana, nous avons donc fait escale à Cargèse, petit village de la côte ouest d’à peine plus de mille habitants, héritier d’une histoire riche et mouvementée depuis l’installation d’une colonie grecque à la fin du 17ième siècle.

Depuis 1774, les descendants d’une colonie grecque ayant fui la tyrannie ottomane en 1676, ont prospéré sur ce promontoire entre le golfe de Pero et le golfe de Sagone. La Corse étant alors sous domination génoise, l’autorisation fut concédée aux candidats à l’exil de s’y installer à condition qu’ils italianisent leurs noms, qu’ils choisissent de s’installer dans une zone isolée et qu’ils mettent de l’eau dans leur vin orthodoxe en reconnaissant le pape… Une fois ces clauses admises, la colonie prend racine sur les hauteurs, à Paomia, le 14 mars 1676 avant de s’installer durablement en 1797 à Cargèse. Elle a pu y prospérer et l’on décèle maintenant les étymologies grecques dans les patronymes actuels – Stéphanopoli, Capodimacci, Dragacci, Voglimacci et autres Exiga et Frangolacci.

Certains descendants continuent même de parler grec tel l’actuel maire de Cargèse, François Garidacci, qui descend d’une famille dont le nom était Garidakis. Bien évidemment, la commune est jumelée en Grèce avec Oitylo (ex-Vitylo, d’où étaient originaires les Grecs qui se sont installés en Corse)

La nef de l’église de rite grec Saint-Spiridon (évêque chypriote) , est séparée du chœur par une iconostase, cloison en bois richement sculptée et ornée d’images saintes. Cette église est unique en France

Aujourd’hui, à Cargèse, les fracas de l’histoire se sont tus. Les deux églises, construites au XIXe siècle, à cinquante ans d’intervalle, se font face. Toutes deux sont le résultat d’une vraie ferveur : c’est une souscription qui lance l’église latine, qui mettra plus d’un quart de siècle à être construite. Quant à l’église grecque, achevée en 1874, ce sont les fidèles eux-mêmes qui y travaillent le dimanche après la messe, jusque dans la nuit.

Autrefois rivales, elles sont aujourd’hui solidaires. On y a même assisté à une situation impensable ailleurs en ces temps de crispation religieuse : jusqu’à sa retraite en 2010, monseigneur Marchiano a assuré l’office dans les deux rites (dont l’un en grec ancien !) Et lors des grandes dates du calendrier – la fête du basilic (14 septembre, rappelant la découverte de la Vraie Croix par Hélène, guidée par l’odeur du basilic), la Saint-Spiridon (12 décembre), la Saint-Antoine-Abbé (17 janvier) ou le lundi de Pâques, c’est tout le village qui participe. De quoi en tirer une belle parabole : quand la religion unit plutôt que divise.

Vue sur Cargèse et l’église de l’Assomption.

Une belle ville que nous avons vraiment apprécié, d’autant plus que nous y avons assisté à un concert du groupe Méridianu  dans l’église latine (écoutez ici)

Revenons donc en 2022…

Nous déjeunerons – très bien – sur le port avant de reprendre notre route

Peu avant l’arrivée, l’ami Patrick explosera son pneu arrière à haute vitesse (MDR, l attaque trop fort !!!) dans une grande descente. Le Garage Gaudin palliera à cet incident sans conséquences. Mais quand même, Patrick, freine de temps en temps !!!!!

À mi-chemin entre Ajaccio, l’impériale, et Cargèse, la Grecque, le camping La Casa – le camping ici – nous accueillera pour deux nuits au sein d’un bel espace planté d’arbousiers, de myrtes, de mimosas, d’oliviers, de pins et de chênes.

Sitôt arrivés, notre binôme écervelé – j’ai nommé Michel (L) et Jean-Marc – filent à Ajaccio, en mob, afin d’y récupérer une poulie de pédalier, celle de Michel ayant trop de jeu… Las, le vendeur se présentera très en retard et nos deux compères en seront quitte pour revenir de nuit. La mob de Jean-Marc éclaire un peu devant quand celle de Michel est totalement dépourvu d’éclairage. Un portable dans la poche arrière en mode flash assurera le minimum vital. Pour ne rien gâcher de cette aventure nocturne, un gros pick-up viendra sous leurs yeux s’encastrer dans une voiture qui ne roulait pas assez vite à son gout, prenant aussitôt la fuite pour s’échouer dans un champs quelques centaines de mètres plus loin. Nos deux compères ne s’attarderont pas plus que nécessaire et rallieront le camping les yeux bien rouges. Ces jeunes inconscients, il n’y a rien à leur dire !!!!!!

Le 14 septembre nous verra lézarder à la plage avec initiation paddle pour tous. La mer est un tout petit peu agitée et ne facilite pas l’exercice. Un bon moment et une franche rigolade pour tous. Michel (L) remportera haut la main la palme du meilleur « Rookkie » du jour tandis que, prudente, Catherine s’adjugera celle de « Starlette du jour ».

Et pour nous remettre de nos émotions, un petit resto !!!!

Nadine et Sylviane s’offriront une balade à la pointe de la Parata.

Pointe de la Parata, îles Sanguinaires.

PHOTO NADINE POINTECDE LA PARATA

Une petite partie de pétanque nous occupera en fin d’après midi tandis que le soir venu nous trouvera au restaurant du camping pour un bon diner de spécialités ainsi qu’un concert de chants corses. Encore une bonne soirée.

15 septembre, Calcatoggio-Olmeto

Continuant notre périple corse, nous laisserons Calcatoggio pour rejoindre Olmeto et le camping l’Esplanade. (voir ici)

une étape qui se déroulera sans souci. nous déjeunerons dans une petite paillote (la Barake) dénichée par nos éclaireuses éclairées, Catherine et Brigitte à Portigliolo. Au menu, planche de charcuterie et fromages. Nous profiterons de ses terrains de boules pour une petite pétanque avant de reprendre la route. L’occasion aussi de démonter le 103 qui ne marche pas assez bien au gout de Gillou…

va moins faire le kéké, notre ami Gillou…

Le soir venu, toute la troupe se retrouvera autour d’une grande tablée avec, en invités d’honneur, la nièce de Michel (T) et son mari.

le 16 petite balade jusqu’au belvédère de Campo Moro , belle plage, baignade et bon resto…

et sur la plage, les pin-up se font bronzer. Plaisir des yeux.

Tandis que l’inénarrable Aldo-Pierrot exhibe son corps de rêve.

le 17 toujours en selle pour les plus courageux afin de rallier les thermes de Caldane.

Gilles et Catherine ont déjà profité des bienfaits de ces thermes. L’eau du domaine de Rosa, légèrement sulfureuse, aux propriétés curatives sort à une température de 37° / 38°. Elle est reconnue pour ses vertus thérapeutiques et relaxantes. Grâce à la silice qu’elle contient, elle est idéale pour les maladies de la peau et des os, ainsi que pour les sinus, la gorge, les oreilles et inflammations diverses. Pour nos vieilles carcasses, il serait incompréhensible de louper une telle occasion de se refaire à neuf. Il n’est que de regarder Gilles et Catherine pour être encore plus convaincu des bienfaits de ces thermes. En route pour une cure de jouvence.

L’eau du bassin est naturellement renouvelée depuis des siècles et ce sans interruption, ce qui lui permet de conserver sa pureté. Au beau milieu de la nature, nous tremperons béatement dans ces superbes bassins de pierre.

Note de l’éditeur : plus d’une année est passée et force est de constater que les effets de cette cure de jouvence se font toujours attendre. Mais c’était sympa quand même !

Cette balade nous permettra d’apprécier une fois de plus les beautés des petites routes corses et de gouter, une fois encore, la cuisine locale.

Accessoirement, nous apercevrons des chasseurs en train de dépecer des sangliers tués le matin même, le sang ruisselant des carcasses ne laissait pas planer le doute. Et nous reverrons ces mêmes morceaux de sangliers à l’arrière d’un pick-up en route pour leur destination finale. Traçabilité, bof, mais fraicheur et origine garanties !!!!!

Et en fin d’après midi, nous profiterons de la belle piscine du Camping l’Esplanade.

18 septembre, Olmeto-Sainte Lucie de Porto-Vecchio

Une grande et belle étape. Aujourd’hui, cap à l’Est pour rallier Porto Vecchio. Deux itinéraires sont proposés. Nadine et Sylviane feront la grande boucle vers le sud, visitant Sartène au passage et la plage de la Palombagia, alors que les mobeurs, Catherine, Brigitte et le Garage Gaudin feront route (presque) directe vers la cote Est de l’île, une belle étape d’environ 90 kilomètres.

Nous sommes à peine sortis du camping que la mob de Pierrot se met en grève sans préavis. Un petit groupe a pris de l’avance (Muriel, Maïté, Michel T, Patrick et moi) ainsi que notre Kangoo suiveuse pilotée de main de maître par Catherine.

Nous roulerons ainsi jusque Ste Lucie de Tallano, très joli village aux portes de l’Alta Rocca, entre mer et montagnes, qui a su garder son authenticité. Nous attendrons le reste de la troupe sur la place du village.

Sainte Lucie de Tavallo