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De Rome à Capri

De Rome à Capri

Après ce très plaisant séjour dans la capitale italienne, nous reprenons la mer en direction des îles Pontines, de la baie de Naples et de l’île de Capri.

70 milles nous séparent des Îles Pontines, ce qui sera accompli en une grosse journée, essentiellement au moteur, faute de vent. Nous arriverons à la nuit tombée en vue de ce chapelet d’îles avant de jeter l’ancre non loin du port de Ponza, sur l’île du même nom.

Petit port sympathique où nous prendrons plaisir à nous promener malgré un accueil mitigé. En arrivant avec l’annexe, je demande par politesse, l’autorisation de amarrer à un ponton pour une paire d’heures, ce qui m’est aussitôt accordé… moyennant paiement d’une dizaine d’euros ! je remercie le marin et vais échouer – gratuitement – l’annexe sur la plage toute proche.

Après les îles Pontines, direction les îles du golfe de Naples. nous délaisserons Ischia pour visiter Procida. Et nous avons eu un vrai coup de cœur pour cette île ravissante. En jetant l’ancre devant le port, nous ne pouvons qu’être éblouis par ces maisons aux mille couleurs. Ici, pas de chichis, pas d’esbroufe. Les maisons ne sont pas repeintes de neuf pour attirer les touristes, elles sont dans leur jus et la carte postale proposée « sonne juste ». Deux journées à arpenter les petites ruelles de cette très jolie ville. Nous déjeunerons sur le port avec Vanille. Stoïque, elle passera tout le temps du repas tranquillement sur sa chaise, dédaignant les chats et mouettes qui passent à proximité. Elle fera ma fierté quand un couple de français viendra nous demander comment nous avions pu dresser ainsi cette chatte…

Mercredi 27 septembre,  nous laissons de bon matin l’île de Procida. Bien que le temps fût calme, une petite houle rentrait quand même dans le mouillage et nous a un peu chahuté toute la nuit.

Au programme du jour, le tour de la baie de Naples et une halte à Sorrente.

Disons-le tout de suite, ce n’est pas la plus belle journée du voyage.

Naples, vue de la mer, s’étend de tous côtés et le rivage n’est qu’une suite ininterrompue de constructions pas vraiment homogène.

La baie…une poubelle !

Nous avons navigué au milieu de détritus en tous genres, sacs plastiques innombrables, bacs, seaux, morceaux de polystyrène, morceaux de filets de pêche, canettes …. Pas de quoi pavoiser ! Alors que sur l’île de Procida, nous avions jeté l’ancre dans une baie réservée, en haute saison, aux navires équipés de cuves à eaux noires afin de préserver la qualité de l’eau …. Et quelques milles plus loin c’est le grand n’importe quoi…M’enfin !

Heureusement il y a le Vésuve… impressionnant, très impressionnant. Encore plus impressionnant quand on sait que c’est le volcan le plus surveillé au monde, que les vulcanologues s’accordent sur le fait qu’il va péter…. sans savoir quand. La dernière éruption remonte à 1944. C’est donc une longue période de calme. Un bouchon s’est formé dans le conduit éruptif et dessous, il y a des kilomètres de lave en fusion. Très chaud d’habiter dans les parages.

Feu d’artifice sur le Vésuve

700.000 personnes sont en zone rouge à évacuer d’urgence si le volcan se réveille. Un plan d’évacuation prévoit de sortir tout le monde en une semaine alors qu’il faudrait le faire en trois jours.

Le Vésuve

En tout 3 millions de personnes seraient directement concernées par une   éruption.

Cela ne nous a pas empêché de l’admirer tout au long de la journée, sans voir la moindre fumerolle ni entendre le moindre grondement.

Notre navigation nous a amené ensuite sous les falaises de Sorrente. La ville et la région sont célèbres pour les énormes citrons qui y sont produits et qui en ont fait la richesse. Mais aujourd’hui, le tourisme haut de gamme a remplacé la culture des agrumes.

Les sommets des falaises sont tous squattés par des hôtels 5 étoiles qui s’approprient également la base de la falaise pour des piscines et pontons privés où s’alignent transats et cabanes de plage… La ville est hyper touristique et quelques boutiques rappellent que le citron faisait naguère sa fortune en proposant l’incontournable limoncello et tout une panoplie de produits à base de citron : crèmes, savons etc, etc ainsi que les inévitables plats en céramique « hand made » indispensables pour embellir nos intérieurs.

Le guide nautique vantait pourtant le charme de la ville haute…. bof !

Des volées d’escaliers pour y accéder, une descente mi-escalier,mi-chemin à flanc de falaise ou carrément à l’intérieur de la falaise par endroit n’ont pas suffi à nous convaincre. Il est vrai que le village de Procida nous avait tellement plu … ça ne peut pas être Noël chaque jour quand même.

Espérons que le mouillage au pied des falaises nous permettra de faire une bonne nuit avant de poursuivre notre route en direction de Capri.

On ne pouvait terminer le tour de la baie de Naples autrement qu’en allant à Capri.

Un peu réticent en regard du côté bling bling friqué, nous décidons de voir par nous-mêmes. L’île est vraiment superbe, rien à redire.

Nous mouillons à l’écart du port – 145 euros la nuit, ça calme…- et débarquons en annexe. Premier contact un petit café et un cappuccino servi par un italien pur jus qui ne cherche à attirer que les jolies clientes. Son manège nous fera bien sourire.

Au passage, 8,50 euros les deux consommations  le ton est donné. Ce sera pire dans la ville haute.

La ville basse n’a que peu d’intérêt aussi empruntons nous (rassurez vous, on l’a rendu à la sortie) le funiculaire qui nous amène à Capri, la ville. Là,  nous changeons de monde. Bien sûr il y a quantité de touristes qui envahissent les rues où se promènent en taxi, des «  limousines décapotables » – dont une rutilante Fiat des années 70. Il y a aussi les traditionnelles boutiques de souvenirs mais ce qui retient l’attention , c’est la profusion de boutiques de luxe : Hermès, Miu Miu, Rolex, Bulgari, Vuitton, Chanel…j’en oublie – trop de luxe tue le luxe – ainsi que, parmi la foule, les afficionados de ces marques. On a ainsi croisé nombre d’élégantes, où qui se croyaient comme telle, arborant petite pochette griffée et grand chapeau …..des gravures de mode. On s’y attendait, on a donc pas été surpris. C’est définitivement une destination réservée aux SDF…qui sont comme chacun le sait des personnes Sans Difficultés Financières.

Néanmoins, la ville est belle avec ses hôtels haut de gamme, ses belles maisons forcément bien entretenues et une profusion de fleurs qui cascadent des balcons ou jaillissent des pots et jardinières… très joli.

En cherchant un belvédère nous nous perdrons dans une petite ruelle (1 mètre de large, juste la place pour les véhicules électriques qui assurent les livraisons) bordée d’hôtels tous plus chics les uns que les autres et des demeures de rêves auxquelles rien ne manque.

Au bout de la ruelle, un cul de sac, un jardinier sympathique nous indiquera un escalier peu visible – aux marches encore moins visibles – qui nous mènera de l’autre côté de l’île en vue de la Punta di Tragara et des îles Faraglioni, points de vue qui figurent sur la plupart des photos de Capri.

Tellement beau que nous déciderons de venir y mouiller Azadi pour la nuit suivante

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Un riche idée. Autant le site est superbe, autant notre nuit fût très agitée. La faute à une houle modeste mais persistante qui nous fit danser toute la nuit. Quasiment l’ensemble des bateaux mouillés avec lèverons l’ancre de bon matin. Nous n’avons pas été les seuls à faire une nuit presque blanche. Même les deux minettes passeront la nuit toutes griffes dehors pour ne pas valser d’un bord sur l’autre. Nous nous consolerons en allant en annexe dans une jolie grotte avant que les touristes n’arrivent en masse. Manquait un peu de soleil mais superbe quand même.

Au final, une belle journée, un bon déjeuner  (pizza Margharita et pizza aux poivrons très picante) pris en terrasse d’un petit restaurant ombragé de la ville haute avec vue sur le port et sur mon bateau…Elle est pas belle, la vie ?

Et sur le chemin qui nous ramenait vers le continent, nous ferons un crochet pour passer sous la Villa Malaparte, belle demeure de briques rouges datant de 1937 célèbre pour avoir abrité le tournage du film Le mépris de JL Godard avec la sublime ( à l’époque 🤣) BB.

Capri, pour nous, c’est fini, je ne crois pas que nous y retournerons un jour….

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