Juillet 2025, après une année sabbatique forcée, Azadi est de nouveau à l’eau dans une nouvelle robe jaune.
Pour faire bref, la tempête Ciaran (novembre 2023) a bien endommagé le bateau alors qu’il était amarré au ponton offshore du port de la Roche Bernard. Un taquet du ponton s’est arraché et le bateau immédiatement devant Azadi est venu frotter sur son avant tribord toute la nuit. De ce gros câlin, Azadi est ressorti tout froissé : Ouverture dans la partie supérieure de la coque (sans endommager de structures), dommages causés au rail de fargue, à la ferrure d’étrave, au balcon avant, à l’enrouleur et même à l’ancre. Après moult tergiversations – et malgré les affirmations du port nous disant de ne pas nous inquiéter, qu’ils étaient bien assurés, bla bla bla,bla bla bla…- les assurances n’ont rien assuré du tout et j’ai eu le choix entre prendre un avocat et attaquer la compagnie des ports du Morbihan avec toutes les incertitudes liées à cette aventure juridique (qui m’obligeait également à laisser Azadi en l’état pour une durée indéterminée) ou me retrousser les manches et m’attaquer à un gros chantier. J’ai choisi la seconde solution et après de nombreuses semaines de travail, j’ai pu remettre Azadi à l’eau paré donc d’une nouvelle peinture de coque d’un jaune très voyant et de nombreux équipements neufs.
Fin juillet me voyait donc au port de La Roche Bernard et le mardi 22 juillet, je larguais les amarres pour rallier Piriac.
Je ne suis pas seul à bord puisque Pom’ est du voyage.
Las, après quelques centaines de mètres le moteur s’étouffait , repartait, se ré-étouffait puis calait !!! Pour un marin qui ambitionne de traverser l’atlantique, c’était un bon début. Pas de panique, je hélais aussitôt un voilier de passage qui me ramenait au port. Après une nouvelle purge de l’arrivée de gasoil – je venais de changer le filtre et préfiltre de carburant – je relançais le moteur, le faisait tourner une dizaine de minutes à 2000 t/mn sans souci et repartait illico presto vers Arzal. Je ne faisais pas 100 mètres que ça recommençait. Ention et damnafer, retour au ponton (par mes propres moyens) puis appel au chantier qui m’envoyait un mécano. Lequel diagnostiquait en 3 minutes un problème au niveau de l’arrivée de gasoil et du réservoir, probablement plein de saletés . Diagnostic confirmé après avoir vidé le coffre arrière pour accéder au dit réservoir. Le lendemain matin, il revenait avec l’équipement adéquat et me mettait tout cela en ordre de marche en moins d’une heure. j’ai appris que pour tester le moteur, il fallait le mettre en prise – marche avant bateau solidement amarré – de façon à ce qu’il force et donc demande beaucoup de carburant.
Mercredi 23 juillet, départ pour Piriac. Un voilier se mettait en travers dans l’écluse d’Arzal juste devant moi ne me facilitant pas la tâche puis j’essuyais, un orage dantesque à la sortie de la Vilaine – sons, lumières et pluie diluvienne, chaque goutte suffisant à noyer un ricard, je n’exagère pas !!! – avant de rallier tranquillement Piriac, puis Port la Vie (Saint Gilles Croix de Vie) et enfin La Rochelle le 25 juillet.

Promis, je vais mettre de l’ordre…et le fil rouge avec le fil rouge, j’ai compris.
A La Rochelle, je prenais possession de matériel commandé chez Pochon électronique où Marie, mon interlocutrice depuis que je commerce avec cette enseigne, allait me voir quotidiennement pour m’aider à résoudre les milles petites embrouilles apparues au fur et a mesure de l’installation.
En effet, l’anémomètre ne fonctionnait plus faute à une connexion oxydée sur le réseau NMEA 2000 (on a pas trouvé tout de suite), les bonnes connexions pour faire fonctionner les deux pilotes (l’ancien modèle, Autohelm 6000, présent sur Azadi depuis des lustres – Christophe Colomb avait le même sur la Santa Maria – et le nouveau Raymarine Evo200) avec un seul vérin. Tout cela n’est qu’une histoire de branchement, encore faut-il les faire correctement avec le bon matériel. Pas simple, je vous le dis.
*Faut pas croire non plus que c’était le bagne. si je continuais a travailler sur Azadi, j’ai pris le temps d’une escapade au Douhet d’abord, à St Denis d’Oléron ensuite. L’occasion pour Pom’ de se dégourdir les pattes.
M’enfin, ce séjour rochelais allait quand même connaitre d’agréables moments.
Brigitte tout d’abord, mon fidèle second me rejoignait pour un premier séjour à bord. Venue avec le Kangoo, elle allait me permettre de faire tout un tas d’emplettes en ville. C’était aussi la visite de mes cousins-cousines de Draveil et de Ruffec venus passer un moment à bord en compagnie également de mes amis Catherine et Gilles. Un bon apéritif sur Azadi puis un bon resto (La Marie Galante, pour les rochelais ici), tout pour faire une excellent journée.
Et je n’oublie pas notre collègue Agnès et son mari Christian, présents à bord de leur Bavaria 37 C-Dream avec qui nous passerons quelques bons moments. Lors de notre visite à bord – Brigitte a beaucoup aimé l’espace et l’aménagement intérieur du bateau – j’avais emmené Pom’ histoire qu’elle sorte un peu d’Azadi. Je ne savais pas qu’il y avait à bord de C-Dream un superbe chaton de 4 mois, Atchoum, dont la taille – et en particulier les pattes style Main Coon, laisse présager d’un joli matou à l’âge adulte. Il n’empêche, Pom’ ne supporte vraiment pas ses congénères, même petits, et se tiendra très mal !!! Plus tard, nous passerons un bon moment à l’Octopus, le resto-bar du quai du Bout Blanc.
Stéphane et Mireille nous rendrons une petite visite depuis Soubise où ils mettaient la dernière main à leur Feeling 1090, Archimède IV. Et encore un petit passage à La Marie Galante.
Je profitais aussi de ma présence à La Rochelle pour faire expertiser le bateau. Ce fût fait par Philippe Joneau, du cabinet CEM – Cardinal Expertise Maritime – qui effectua donc une visite complète, plus de 3 heures, au cours de laquelle j’appris un certain nombre de choses. Cette expertise me servira pour modifier l’assurance d’Azadi.
Le vendredi 8 nous quitterons La Rochelle pour Saint Denis d’Oléron. J’essaierai vainement pendant cette traversée de faire fonctionner le vieux pilote, sans y parvenir à mon grand désarroi. Le samedi, avec Stéphane (Archimède IV) nous ferons une petite sortie pour calibrer avec succès le pilote Raymarine. Et donc le dimanche 10, dès 06h30 nous sortions du port pour mettre le cap sur Aviles, à l’ouest de Gijon.
Selon les prévisions météo, un joli flux de Nord-ouest devait nous pousser en une quarantaine d’heures à destination. Hélas, Eole nos abandonnera après une grosse trentaine d’heures, loin de l’arrivée. Le matelot aura eu bien du mal à se réamariner et ne profitera pas vraiment de la traversée. Les dernières heures se feront par mer très très calme au moteur. Nous rallierons d’ailleurs Ribadéo au vue de ces conditions de mer.
Fait notable, nous avons péché un superbe thon (germon, rouge ????) qui s’avèrera bien trop gros pour nous. Après l’avoir péniblement ramené à l’arrière du bateau, je le ferai glisser le long de l’échelle, le temps d’une photo souvenir et surtout de lui ôter l’hameçon de la gueule avant de lui rendre sa liberté. il mesurait un bon mètre pour un poids supérieur à 20 kilos. Je ne sais même pas comment j’aurais pu le hisser à bord. Pas de regret, cela aurait été un vrai gâchis de le conserver.
Nous ferons donc escale à Ribadéo le 12 août après 57 heures et 15 minutes de mer.
Place maintenant à la croisière côtière qui amènera Azadi à Lisbonne courant septembre.
Mais ceci est une autre histoire.
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