Souvenez-vous, le premier article relatif à l’année 2012 se terminait ainsi :

Lundi 13 août, nous décollons, Yannis, Norbert et moi, de l’aéroport international de Beauvais, direction Faro. Marie nous y a conduit depuis Buxerolles où elle était venue passer le WE. Merci à elle, les 90 kilos de bagages que nous emportons auraient pesé dans le train. Bien évidemment, l’avion a décollé avec retard et le loueur de voiture a dû nous attendre après minuit – nouveau supplément ! Enfin, à 02h30 le 14 août nous posions nos sacs à bord et à 02h35 tout le monde dormait.

La suite est une autre histoire

La voila, cette autre histoire.

Mardi 14 août, réveil à Vila-Réal de Sa-Antonio.

Après une courte nuit, nous émergeons lentement sous le soleil du Portugal. C’est l’occasion pour Yannis et Norbert de mieux découvrir mon bateau amarré au quai de Vila Réal.

9h00, à peine le petit déjeuner avalé, Didier Lemarchand – le bien nommé – fait son apparition. Il nous explique qu’il lui reste quelques bricoles à finir sur le moteur. La suite nous apprendra que ce n’était pas que quelques petits trucs… Le soir venu, malgré ses efforts il y avait encore une petite fuite d’eau.

En fait, s’il a bien démarré le moteur sur le chantier – ce que j’ai pu constater sur les vidéos qu’il m’a transmises – les petites marées l’ont empêché de mettre Azadi à l’eau et il n’est au port que depuis la veille de mon arrivée… Et en mettant le moteur en charge, il s’est aperçu qu’il y avait une fuite non décelée lorsque le moteur tournait tranquillement au ralenti sur ses bers.

Il va se mettre au travail avec l’aide de son jeune fils. Sans succès.

De notre coté nous ne chômons pas. Nous prenons tranquillement possession du bateau, particulièrement poussiéreux et commençons l’inventaire du bord. Les coffres, multiples, sont remplis d’un bric-à-brac invraisemblable sans qu’une logique quelconque se dégage de ces rangements. Nous découvrons donc tout ce qui censé constituer l’armement d’un voilier de 11 mètres.

Au chapitre des anecdotes, Norbert se rend compte qu’il a oublié ses lunettes dans la voiture de location qu’il a ramené à Faro avec Yannis dans l’après-midi. Il en sera quitte pour y retourner à la première occasion.

Nous devons aussi réarmer le bateau, installer les voiles, etc. etc. … Et bien sur vérifier tout ce qui doit l’être avec les inévitables surprises, quelquefois bonnes mais parfois mauvaises.

L’électricité nous donnera du fil à retordre et nous découvrirons que ce qui semble anodin peut s’avérer très “pénible” en raison des contraintes d’accès et parfois de la “qualité”  des bricolages réalisés par l’ancien propriétaire. C’est en fait un aperçu des soucis que je rencontrerais à l’avenir lors de l’entretien ou de la rénovation du bateau, constatant souvent avec effarement l’étendue de son incompétence.

Au chapitre des mauvaises surprises, nous constaterons que le second pilote automatique est hors-service. Je renoncerai plus tard à le remettre en état. L’éolienne est bien en place mais n’est pas raccordée au système électrique. Elle aura droit elle aussi à une remise en état complète durant l’hivernage.

l’annexe qui a grillé au soleil depuis la mise au sec du bateau est dans un état pitoyable. Avec Yannis nous la mettons sur le quai et tentons de la gonfler… Elle fuit un peu de toutes ses coutures et le tissu est complètement cuit. Le seul shipchandler du coin, situé sur la rive espagnole du Rio Guadiana, n’en a qu’une seule de disponible. Pas chère, elle n’est pas top qualité mais elle fera l’affaire quelques années. En fait, jusqu’à ce qu’un crétin ne l’embroche avec son ancre lors d’une manœuvre ratée au ponton de Saint-Gilles-Croix-de-Vie en 2014

 

 

L’annexe essaie de cacher son jeu. Une fois à l’eau, ce sera une passoire…

Le radeau de survie n’a pas été révisé depuis plusieurs années. Il a d’ailleurs atteint son temps limite d’utilisation – 12 ans pour ce modèle. Il faudra en changer pour la saison prochaine.

Le mardi soir, après une bonne journée, nous dînons dans un restaurant de VRSA puis retour au bateau pour une nuit bien méritée. Sauf que… me rendant à la capitainerie, je tape un texto pour ma fille Marie, dévie sans m’en rendre compte de ma route et fini dans le Rio Guadiana ! Pas longtemps, je jette le portable sur le ponton, mes appareils auditifs sifflent de mécontentement, je me hisse rapidement sur le ponton …la frayeur viendra plus tard.

Je retourne au bateau, accueilli par les rires moqueurs de mes équipiers. Le portable est mis à sécher de même que mes appareils auditifs. Le portable ne s’en remettra pas au contraire de mes deux appareils mis à sécher dans leur chaufferette adhoc. J’ai également perdu mes lunettes, offrande aux dieux du Rio. On a bien regardé les gros muges et les belles méduses qui passaient régulièrement près du bateau mais aucun ne se les était approprié… Dommage.

Le sommeil mettra quelque temps à venir après cette grosse boulette digne d’un vidéogag.

Mercredi 15 août, malgré la date, ça bosse sur Azadi. Didier Le Marchand n’en finit pas de changer un joint, une durite… Il y a toujours une petite fuite !

Sans vouloir l’accabler, le bateau a été remis à l’eau le lundi 13 août à midi, convoyé du chantier voisin jusqu’au port et STOP ! Trop confiant, il n’a pas pris le temps de tester correctement le moteur, notamment en charge, ce qu’il fait maintenant avec tous les inconvénients que cela entraîne. En fin d’après-midi, il fait appel à son motoriste local, Joao, et le verdict tombe : joint de culasse HS. Tous nos espoirs de départ rapide s’envolent. La culasse est rapidement démontée puis portée à Faro afin d’être rectifiée (Norbert l’accompagnera et récupérera ses lunettes de soleil).

Nous sommes jeudi 16 août. Ce sera le début d’une longue attente qui aura des conséquences importantes sur le convoyage vers la France. Finalement, nous resterons dix jours à VRSA alors que nous n’avions prévu d’y rester que 4 ou 5 jours …

Vendredi 17 août, un bon dîner pris dans le carré – poulet/oignons et farfalle – a clos en beauté cette nouvelle journée à VRSA. La quatrième seulement mais cela nous semble un laps de temps important…

Pendant que Norbert accompagne la culasse à Faro,  nous naviguons avec Yannis …. à l’aide du bac jusqu’à l’autre rive du Rio Guadiana et passons donc en Espagne à Ayamonte.

Visite chez le ship local et retour chargés comme des mulets : Une annexe, un pare-battage, des amarres et cordages divers… Sinon, journée normale. Nous nettoyons, recensons, organisons et découvrons de nouvelles cachettes… euh non, de nouveaux rangements et accessoires qui n’avaient pas été mentionnés par le vendeur : Aujourd’hui, un aspirateur 12 volts et une échelle de mat quasiment neuve.

Vendredi 17 août, de Faro, le rectifieur appelle Joao pour lui signifier que deux chemises d’injecteur sont fêlées, ce qui serait la source de nos problèmes. Il faut donc changer les trois (le Volvo est un trois cylindres), mais il ne les a pas en stock. Cela signifie 24 heures supplémentaires d’attente. Départ au plus tôt le mercredi 22 en début d’après-midi. Norbert ne pourra pas remonter jusqu’à Soubise, il faudra gérer cela sur le retour.

Samedi 18 août: RAS à VRSA … ce n’est pas le titre d’un roman d‘espionnage mais notre journée à Vila Real de San Antonio. Norbert continue son travail d’électricien, vérifiant et remettant en état ce qui doit l’être, traquant les faux contacts ou plus simplement identifiant les nombreux interrupteurs du tableau électrique. On ne rigole pas, nous n’avons pas le mode d’emploi et l’ancien proprio a rajouté des équipements au petit bonheur la chance…

Dimanche 19 août, journée standard à VRSA…réveil à 09h30 – oh, c’est les vacances, quand même – en ordre dispersé et bricolage toute la journée. Le bateau s’allège de moult accessoires cassés – vieux jerricans, un pare-battage pourri, des bouts divers inutilisables, un vieil entonnoir pour le gas-oil recollé/revissé et cuit pas l’âge qui se fêle rien qu’en le regardant…

Rien d’extraordinaire, donc. Norbert passe son temps à récurer le cabinet de toilette et les fonds à la recherche d’une fuite d’eau douce mystérieuse. Malgré ses efforts, elle perdurera un bon moment. Il s’agit en fait du joint du bouchon d’un des deux réservoirs d’eau. Une fois ces derniers remplis, et avant qu’on ne coupe l’arrivée d’eau, il y a donc de l’eau qui fuit lentement. Mais, selon notre rapidité à fermer l’arrivée d’eau – en gros si l’on surveille ou pas – il y a un peu d’eau, beaucoup d’eau ou pas d’eau du tout qui déborde du réservoir. Pas facile de la localiser, ce que je ne ferai que l’hiver prochain.

En fin d’après-midi, Yannis a inauguré l’échelle de mat afin de débloquer la tête de tangon. L’opération, sous haute sécurité, s’est déroulée sans souci. Pas sûr qu’on utilisera le tangon lors de notre convoyage vers Soubise, mais au moins, nous savons comment le mettre à poste.

Pour ma part, j’ai campé une partie de la journée dans le coffre arrière tribord à nettoyer, inventorier, ranger ce qui s’y trouve, dont une ancre FOB de 12 kilos et deux fois 10 mètres de chaîne de 10. J’en ai profité pour stocker les lignes de mouillage dans la baille « à mouillage » à l’avant du bateau. Il faudra revoir cela cet hiver, Azadi n’est pas trop bien pourvu en matière d’amarres et de mouillage sauf en ce qui concerne les ancres (Deux de 16 kilos et une de 12 kilos)

Lundi 20 août : RAS à VRSA (tome 2) Petite grasse matinée, petits bricolages, visite au ship d’Ayamonte et déjeuner dans un bar à tapas voisin de celui où nous avions déjeuné avec Brigitte fin juin (fermé ce jour). Au menu Thon et Calamar…

Pas moyen de trouver de pièces de rechange pour ma girouette. Tant pis, nous nous en passerons. Le patron du ship m’a rassuré en me rappelant que Christophe Colomb n’avait pas de girouette à bord de ses caravelles. Oufffff

Mardi 21, Joao récupère la culasse. Il viendra la remonter le lendemain. Ce sera fait à midi mais nous ne quitterons VRSA que le lendemain en fin de journée une fois assurés que tout était OK.

Nous n’avons que trop attendu et le planning de retour est déjà bien trop chamboulé. La météo est clémente, en route !

Jeudi 23 août, première sortie donc avec Azadi … Passage par le ponton carburant et un premier amarrage folklorique puisque Azadi pivote sur son amarre avant. Pas grave, on fignolera les manœuvres plus tard !

Après avoir fait le plein de gas-oil, nous sortons du Rio Guadiana et mettons cap à l’Est, direction le cap Saint Vincent. La mer est bonne, nous hisserons la grand voile pour le plaisir mais c’est bien au moteur que nous entamons ce convoyage vers Soubise. Nous avons décidé de faire une grande étape pour nous rapprocher au maximum de Lisbonne. Norbert doit anticiper son retour et prendre un avion dans la capitale portugaise. Il n’a pas encore son billet…

150 milles jusqu’à Sines que nous atteindrons à 04 heures du matin le samedi 25.  Amarrage sans encombre, Yannis saute prestement sur le ponton pour passer les amarres, Norbert est un peu moins fringant. Il faut dire qu’il était sujet au mal de mer dès qu’il descendait dans le carré, il a donc passé les 30 dernières heures dans le cockpit. On serait fatigué à moins.

En fin de matinée nous allons en ville. Difficile avec les connexions locales de réserver un billet d’avion – aucun de nous ne dispose d’un smartphone dernier cri. Un peu plus de 50 milles nous séparent de Lisbonne et malheureusement, seul un vol en fin de matinée de Samedi est disponible. Et il n’y a pas de bus pour rallier Lisbonne dans les délais…. Pas le choix, nous reprenons la mer en début de soirée après un bon dîner.  la traversée du golfe de Sétubal sera un peu mouvementée, d’autant plus que nous rencontrerons des soucis d’alimentation qui m’obligeront à purger le circuit de gas-oil…. Très agréable !!!  Je m’en sortirai avec les honneurs même si les odeurs tenaces me conduiront à appâter quelque peu… alors que  nous n’étions pas en action de pêche.

Nous arrivons à Oeiras en début de matinée et accostons au ponton carburant. Norbert ira rapidement se renseigner à la capitainerie des moyens de rallier l’aéroport. Il quittera le bord tout aussi rapidement et arrivera à temps pour prendre son vol retour, me laissant seul avec mon fils pour poursuivre cette navigation.

Oeiras, le port.

Pendant ce temps, alors que nous attendons le préposé au gasoil, les garde-côtes s’amarrent derrière nous et débarquent une civière occupé par un noyé. Charmant ! Les marins le recouvrent, posent la civière non loin des pompes de carburants et se rendent à la capitainerie, laissant le malheureux sans surveillance. Ok, il ne risquait pas de s’échapper mais cela nous a fait tout drôle. Inutile de dire que, sitôt le plein fait, nous avons sans délai gagné la place qui nous avait été attribuée au ponton visiteurs.

Nous resterons deux nuits tranquillement dans ce port avant de reprendre notre chemin.

Nous continuerons notre navigation en quittant Oeiras dès 07h45 le 27 août et relâcherons dans le petit port de Nazaré peu après 19h00 avec 72 milles parcourus. Apprentissage toujours, alors que je comptais m’amarrer avec le catway sur tribord, le léger vent latéral me repoussera sur le catway bâbord. Sans problème, si ce n’est que Yannis, qui avait sauté sur le ponton, n’avait anticipé ni ce changement, ni surtout l’action énergique du marineiro qui tirait Azadi de son coté… Et c’est ainsi que mon fils se retrouvera l’espace d’une seconde en équilibre très instable, 2 pieds sur le ponton, 2 mains sur les filières… puis la gravité, implacable, lui rappela qu’on ne transige pas avec  elle. Il en fût quitte pour un petit bain. Sitôt amarré, il profitera des douches de la capitainerie…

Le port est au sud de la ville. Une longue marche sous le soleil me permettra de découvrir un joli marché couvert comme le Portugal en compte tant.

Je ne pousserai pas jusqu’au fort au large duquel, par mer formée, les surfeurs dévalent des vagues gigantesques.

Alors qu’il n’avait jamais navigué, Yannis me surprendra en étant toujours à l’aise, jamais malade et s’alimentant normalement. Il partagera ses journées de navigation entre ses quarts, de bonnes siestes dans la cabine arrière et sa console de jeu… Totalement néophyte en matière de voile, ce sera donc une vraie découverte pour lui mais, à priori, pas le début d’une passion. Néanmoins, il tenait bravement sa place et nous permettait de remonter à un bon rythme, enchaînant des étapes de plus de 24 heures. La rentrée des classes (mardi 4 septembre) approchait et il semblait de plus en plus improbable d’arriver à temps.

Le 28, nous quittions donc Nazaré pour une nouvelle étape qui nous amènera, après une nuit de navigation, à Baiona, en Espagne. Le “marineiros” m’indiquera une place que j’étais censé prendre en marche arrière. Pas sûr de moi, je glissai l’étrave d’Azadi à la place indiquée et c’est pas le balcon avant que nous débarquions. Acrobatique…

 

Avant que la nuit ne tombe, j’enverrai Yannis en tête de mat, sur une chaise de mat, afin de vérifier l’enrouleur. Le génois me semble un peu dur à rouler mais, à priori, tout est en ordre.

De Baiona, nous reprendrons la mer pour rallier La Corogne, grosse étape. Mais en début de soirée, la mer devient chaotique alors que le vent défavorable, nous oblige à une allure de près très inconfortable. Je vois bien que mon garçon préférerait passer la nuit au calme.  Nous sommes au large de la baie de Montulo au fond de laquelle se niche le port de Portosin, loin au fond de la ria. Nous prenons donc cette direction mais ce n’est que vers minuit que nous regagnerons  nos couchettes.

Et le lendemain, nous rallierons Camarinas distant d’un peu plus de 40 milles. Nous sommes le vendredi 31 août. Les conditions de mer une fois de plus nous impose cet arrêt alors que j’aurais aimé rallier La Corogne, d’où Yannis aurait pu rentrer en France.

A l’arrivée, le temps que je prépare le bateau pour l’amarrage, Yannis, à la barre, fait des ronds dans l’eau un peu trop vite. Sans souci si ce n’est que cela intrigue deux suédois sur le ponton qui nous aiderons en prenant les amarres. Accueil chaleureux également du responsable du port et du club nautique. Il y a justement une sardinade ce soir, à laquelle nous sommes conviés. Tout gratuit sauf les boissons. Après un bon repas, nous profitons de cette sympathique escale.

De Camarinas, il est trop tard malheureusement pour que Yannis puisse rallier La Corogne ou St Jacques de Compostelle afin de rentrer à Poitiers avant le 4 septembre. Sa mère fera donc l’aller-retour depuis Poitiers – 2.400 kilomètres. Arrivée le samedi en fin d’après-midi, nous dînerons au club house puis elle s’endormira sans demander son reste jusqu’à 10 heures le lendemain matin. Après un déjeuner sur le bateau, ils prendront la route pour s’arrêter à Saint-Jean-de-Luz et finir tranquillement la route le lundi. Et pour Yannis, reprendre le chemin de l’école dès mardi matin….En vacances jusqu’au dernier jour !

Quant à moi, il me restait une semaine pour rallier la France avant de reprendre le travail. Je profitai de cette escale pour tenter de remédier à mes soucis d’alimentation moteur. Cela me contraignit à attendre le mardi pour récupérer des filtres à gas-oil que je changeai aussitôt. Et dès le lendemain, mardi 4  je prenais le chemin de La Corogne.

Une étape rendue difficile en raison de nouveaux soucis avec le moteur. Mes changements de filtre n’ont rien changé… De plus, une empannage non maîtrisé m’occasionnait une déchirure dans le haut de la grand-voile, que j’affalais aussitôt. A proximité du port, le moteur refera des siennes, m’obligeant à plonger dans ses entrailles pour purger le système d’alimentation… Seul à bord, en vue des cotes ce n’est pas très cool d’autant plus qu’il arrivait au pilote de se refuser tout service. M’enfin, des ennuis pas vraiment surprenant pour un bateau qui n’a pas navigué depuis trois ans. Le pilote avait pourtant été testé avant le départ sans poser de problèmes…

Dés mon arrivée à la Marina Coruna, immense et quasi déserte, je portai la voile à réparer et prenais rendez-vous avec le chantier local pour résoudre mes problèmes.

le lendemain, j’amenai le bateau au chantier voisin. Tandis qu’un mécano s’occupait du moteur, un autre intervenant s’occupait du pilote. Rien de grave au final. Pour le moteur, les durites d’alimentation étaient obstruées par des débris de caoutchouc venant du réservoir – un nettoyage s’imposera. Panne bénigne mais longue à identifier… Le mécano me laissera un morceau de corde à piano en cas de besoin. Pour le pilote, il ne s’agissait que de faux contacts. L’intervenant changera toutes les cosses et réinitialisera les paramètres. Au retour du chantier, je récupérai ma voile et la remettrai en place. Encore une bonne journée.

Pour info, en 2012, le tarif à Marina Coruna était de 32 euros la nuit pour une place de 12m par 4,25m.

Le 7 septembre, je quittais donc La Corogne. Ne voulant pas attaquer la traversée du golfe de Gascogne sans être sûr des mes instruments et du moteur, je décidai de longer la côte jusqu’à Santander. L’arrivée dans ce grand port se fera de nuit et il est bien difficile de distinguer les feux des bouées latérales tant le front de mer est illuminé… Je prendrai finalement une place dans le Puerto Déportivo Marina del Cantabrico avant une nuit bien méritée. J’y passerai une journée tranquille avant d’entamer la traversée vers Soubise.

C’est une étape de plus de 200 miles qui m’attend. Je me sens bien, l’étape jusqu’à Santander s’est bien passée, le moteur ronronne et le pilote tient bon la barre. Yapluka se faire cette dernière étape.

La journée  du 9 se passera sans souci, pour partie au moteur, pour partie sous Grand voile arisée (pour la nuit) et génois. Vers 2 heures du matin, je remettrais le moteur faute de vent. Et vers 8h00, alors que je somnole dans le carré, l’absence de bruit moteur me réveille brutalement.

Grand calme… le moteur est arrêté. Ce n’est pas normal. en ouvrant la cale moteur je constate immédiatement qu’il y a un problème. La poulie entrainement de la pompe à eau gît devant le moteur. Plus de refroidissement, le moteur s’est coupé. Je n’ai pas entendu l’alarme, et pour cause, elle ne fonctionne pas. Pas de panique, je fais le point – je suis à une centaine  de milles de Royan – et je ne suis pas en détresse. A l’origine, ce moteur a été conçu avec uniquement un refroidissement par eau de mer. Ce n’est que par la suite que Volvo y a greffé  un échangeur et son circuit d’eau douce. Je vais essayer de redémarrer le moteur en squizzant ce second circuit. Après quelques heures d’acharnement,  bien qu’ayant progressé de quelques milles, je renoncerai. La tache s’avère impossible et, outre les fuites d’eau continues, j’ai peur d’aggraver le problème.

je ferai quelques milles en poussant Azadi avec l’annexe mais le petit hors bord n’est pas assez puissant et je n’ai pas suffisamment d’essence en réserve.

Le vent m’aide un peu et me conduit ainsi en fin d’après midi non loin de Royan.  j’aurais même espoir de dépasser la pointe de Chassiron, au Nord-Ouest d’Oléron mais le vent faiblira au milieu de la nuit, mettant fin à cette tentative. Toute la nuit je tirerai ainsi des bords carrés sans vraiment progresser. Mon erreur à ce moment là a sans doute été de persister trop longtemps et de ne pas prendre la route de Royan.

Toute la nuit, j’ai été aux premières loges d’un magnifique spectacle, l’orage et les éclairs illuminant toute la côte. Toute la nuit aussi, j’ai vu de très nombreux bateaux de pêche. Mais Aucun ne répondra à mes appels radio, y compris sur le canal 16.

Et lorsque le jour se lèvera, je me retrouvais seul au monde, plus un seul bateau, plus de vent et un ciel délavé… magnifique. Mais inquiétant aussi. Je n’étais toujours pas en détresse mais je n’étais plus manœuvrant.

Je commençais aussi à être bien fatigué. Par chance, non loin de la terre, j’avais du réseau sur mon téléphone portable. Je contactais donc Brigitte pour faire le point avec elle. Le plus sage était de faire appel à la SNSM pour demander un remorquage jusqu’à Royan. Ce qui fut fait, non sans mal et quelques frayeurs par rapport au niveau de batteries du portable, aux innombrables questions que me posait mon interlocuteur de la MACIF – qui sera impeccable sur ce coup. Finalement, “L’Amiral de Castelbajac”, la vedette SNSM de la station de Royan se présenta vers 10h30, les marins me passèrent une patte d’oie que j’amarrais sur les taquets avant. Deux heures plus tard, Azadi était amarré au quai de Royan après avoir fait prudemment le tour du phare de Cordouan.

Rivé à la barre, je n’ai pu en faire de photo. Ci dessous, une image dénichée sur internet et le site officiel ici.

Brigitte m’attendait sur le quai, soulagée de me retrouver, tout comme moi. J’étais bien sûr content d’être arrivé mais aussi déçu et contrarié de n’être pas à Soubise et surtout d’avoir dû faire appel à la SNSM.

Quatre semaines plus tard, le samedi 6 octobre, je reviendrai chercher Azadi avec Brigitte, Yannis et Anne-Laure. Pendant que Brigitte prenait la route de Soubise, par une belle journée ensoleillée et sans vent, avec Yannis et Anne-Laure nous emprunterons le coureau d’Oléron, remonterons la Charente et, dans l’après-midi, Azadi découvrait enfin son nouveau port d’attache.

 

Devant nous, un hiver à améliorer Azadi, revoir ce foutu moteur qui avait quand même pris un coup de chaud et préparer les navigations de l’été prochain

La suite est une autre histoire.

 

Départ de Vila Réal de San Antonio le jeudi 23 août à 19:00.

VRSA – Sines : 144 nm

Sines – Oeiras : 53

Oeiras – Nazaré : 77

Nazaré – Baiona 166

Baiona – Portosin : 50

Portosin – Camarinas : 40

Camarinas – La Corogne : 50

La Corogne – Santander : 240

Santander – Royan : 180

Royan – Soubise : 45

 

TOTAL : 1.005 nm