Carthagène, du 9 au 11 août.

Considérée comme incontournable par plusieurs navigateurs de rencontre, la ville de Carthagène mérite effectivement le détour mais nous laisse aussi avec quelques interrogations. La première pensée en arrivant dans la ville depuis le port tout proche, c’est que nous sommes dans une ville prospère. Larges avenues bordées de palmiers, statues un peu partout, élégants bâtiments anciens en très bon état….une opulence certaine. Nous modulerons cet avis par la suite.

Mais d’abord profitons des rues piétonnes et visitons.  Le musée, dont la visite est obligatoire pour accéder au théâtre, est très simple mais explique bien par les photos et les vidéos la découvert et la mise en valeur du site. Les photos montrant les habitations ou parking bâtis sur les vestiges du théâtre sont surprenantes.

Le palais consistorial qui abrite l’office du tourisme et la mairie.

La mise en scène qui nous amène au théâtre romain et très bien réalisée et participe de notre plaisir devant ce monument. Un enchantement et l’on s’imagine sans peine au milieu des 7000 spectateurs assistant à une représentation digne de l’écrin que constituait ce théâtre.

Ce sera ensuite le palais consistorial, l’actuelle mairie. Visite guidée en espagnol et anglais – on s’accroche et notre charmante guide nous apportera quelques précisions en français s’excusant de ne pas mieux le parler. Très joli et très riche bâtiment. Un musée d’archéologie sous marine jouxtait le port, aucune excuse pour le zapper… Là encore de bons moments lors de cette visite en deux temps : Tout d’abord une partie sur les fouilles sous-marines, leurs contraintes mais aussi ce qu’elles permettent de connaître sur la vie de nos ancêtres en particulier par la découverte d’épaves et par l’étude des cargaisons et des techniques de constructions navales anciennes. Le musée abrite la plus ancienne barque phénicienne connue à ce jour – septième siècle avant JC – découverte près de Mazaron, au sud de Carthagène. Ces visites se font dans le périmètre restreint de la vieille ville dont on distingue à plusieurs endroits les vestiges, remparts et tours de guet. Au final de belles visites mais…

 

 

 

La ville est truffée de chantiers, immeubles en reconstruction dont seules les façades sont préservées, soutenues par des échafaudages. Parfait se dit-on, au moins ont ils le respect des belles demeures et les préservent-ils lors des réaménagement, du moins dans le centre historique. Mais il y en a vraiment beaucoup et pour certaines la rouille sur les échafaudages et la végétation envahissante ne laissent aucun doute sur l’ancienneté du projet. Il y a aussi ces arènes laissées à l’abandon et cette impression dès que l’on quitte la partie touristique que les richesses imaginées ne sont plus présentes. La population est différente, les habitations, les rues ….l’autre Carthagène, celle que l’on découvre d’ailleurs en arrivant par la mer avec son immense port industriel et toutes les usines installées sur les collines environnantes, la Carthagène ouvrière, industrieuse….

Notre prochaine étape s’annonce longue puisque nous rallierons Barcelone pour y retrouver ma fille Soizic avant son déménagement pour Lisbonne . Les prévisions météo ne nous promettent que très peu de vent. Et même si le fuel de Gibraltar ne nous a pas ruiné, ce n’est jamais amusant de naviguer longtemps au moteur.

Dans la rubrique «  On apprend tout le temps « , l’amarrage à Carthagène a été l’occasion de prendre un quai par l’arrière et de s’amarrer sur les pendilles. Une première pour l’équipage qui n’en menait pas large…pas large comme la place à prendre, 4 mètres en gros pour y glisser les 3,60 mètres de largeur d’Azadi, il y avait effectivement de la marge… Ce fut fait avec l’aide de l’anglais du bateau voisin un peu inquiet sans doute de nous voir frotter ses pare-battages et avec les félicitations du marineiro…l’équipage n’était pas mécontent de son amarrage et soulagé de la manœuvre accomplie.