En partant d’Astipaléa, nous mettons le cap sur Amorgos où nous nous arrêterons pour passer la nuit dans la baie de Kaloraritissa, à la pointe ouest de l’île.

 

 

baie de Kalotaritissa (Amorgos)

Bien évidemment, nous avons fait le détour par le célèbre monastère de la Panagia Chozoviotissa que l’on aperçoit au début du film « Le Grand Bleu » et dont la position spectaculaire, à flanc de falaise, a fait la renommée.

 

Amorgos monastère de chozoviotissa

 

Amorgos mérite bien plus que la brève escale que nous lui accordons. Nous sommes le 23 mai et le matelot prend l’avion le 6 juin pour la France. Je ne connais pas trop les abords d’Athènes et ne sais pas encore où je vais bien pouvoir mouiller Azadi. De plus, il n’est pas sûr que la météo soit clémente pour la quinzaine à venir. Donc, Amorgos, ce sera pour une prochaine visite, cap sur Naxos.

Naxos.

Nous rejoindrons le port de Naxos à 35 milles d’Amorgos en nous faufilant au milieu de l’archipel des Petites Cyclades qui semble réserver de bien beaux mouillages. 

La minute « Voile » : En ce qui concerne le port de Naxos, ce n’est pas vraiment la joie. Fin mai,  il n’y a quasiment pas de place et nous nous retrouverons cul au quai face aux restaurants… Pom’ ne pourra pas profiter de l’escale pour y mener les escapades nocturnes dont elle raffole. C’est la ville et tous ses dangers, scooters, voitures …

Pire pour Azadi, les ferries génèrent des vagues qui agitent périodiquement le bassin. Nous y laisserons une roulette de notre passerelle, grrrrrrr, pas content.

Afin de découvrir cette île, nous louerons une voiture pour une journée.  En route pour un grand tour, à nous Moutsouna, Halki où encore Apollonas…

Nous ferons une pause café les pieds dans l’eau, ou presque, à Moutsouna. Des vestiges de téléphérique et de pylônes de chargement sur le quai rappellent que Moutsouna était le port d’où partait l’émeri, extraite des mines situées plus haut dans l’île (village d’Apiráthos). Elles ne fonctionneraient plus actuellement, victimes de la concurrence de matériaux de synthèse bien moins chers à produire.

Nous serons servis par un jeune serveur d’une dizaine d’années tout au plus, couvé du regard par son père, ce qui ne l’empêchera pas de me tremper généreusement en m’apportant un verre d’eau….petite erreur de débutant !

Sur les hauteurs de Moutsouna, nous découvrirons, échoué sur le bord de la route, une épave de bateau de taille respectable…grande marée, tsunami ????

Nous profiterons des splendides points de vue que nous offre cette partie de la côte.

C’est un plaisir de parcourir cette île, la plus grande des Cyclades. Elle va nous offrir ses beaux villages et ses maisons comme on les imagine, blanches avec des portes et fenêtres bleues… Ainsi en est-il de Halki. Ce village se trouve au centre de l’île. Ses ruelles pavées et ses petites boutiques nous raviront. Nous y déjeunerons en compagnie de touristes asiatiques reines du selfie. Nous nous régalerons d’énormes desserts  – gaufres/fraises à  la crème.

Nous ne manquerons pas la courte visite de la distillerie Vallindras, qui date de 1896 et est restée dans son jus (de citron…) depuis cette époque. C’est le seul endroit de l’île où est produite la liqueur locale, le Kitron, que nous n’avons trouvé nulle part ailleurs et qui est obtenue par macération des feuilles de cédrat (gros citron à peau très épaisse) selon une formule jalousement gardée secrète. La liqueur est de différentes couleurs en fonction de son degré d’alcool: verte pour la plus légère (30°), blanche pour la moyenne et jaune pour la plus forte en alcool (40°). A consommer avec modération, bien sûr, hips.

Un joli magasin de tissus proposant un large échantillon de réalisations locales attirera notre attention, l’occasion de voir sa propriétaire s’affairer sur son métier à tisser. Une autre boutique de vaisselle haut de gamme fait main nous permettra d’admirer le savoir-faire et le bon goût des artisans locaux. Malheureusement les tarifs ne nous permettront pas de changer la vaisselle du bord..

Après déjeuner, nous continuerons tranquillement notre chemin qui nous amènera tout d’abord sur le site du temple de Déméter …

… avant de rejoindre le site d’Apollonas où se trouve un Kouros. Très facile d’accès, le long de la route avant d’arriver au village, le Kouros n ‘est absolument pas protégé ni mis en valeur. !Dommage car il s’agit d’une belle ébauche de statut d’environ 11 mètres de long pour un poids estimé à 80 tonnes. Joli bébé.

Dans l’antiquité, la fabrication des grandes statues de marbre commençait directement dans la carrière de marbre en définissant approximativement la forme du colosse. Certains de ces travaux sont restés inachevés, les statues colossales présentant des fissures ou défauts dans la pierre.

Nous avons vraiment aimé cette journée de visite. Naxos mérite vraiment le détour. 

Mais la météo marine ne s’arrange pas vraiment, nous allons donc faire un saut de puce jusqu’au port de Paros. Hélas, les places protégées du vent du Nord sont toutes occupées. Un homme nous fait signe de nous amarrer en long sur la jetée sud, ce que nous faisons. Erreur, l’homme en question est en réalité un touriste français, fort sympathique, mais ignorant de la situation du port. A peine amarrée, deux femmes nous expliquent que la situation va vite devenir intenable, même en s’amarrant cul au quai. Nous quitterons, non sans mal, ce port pour aller nous ancrer dans la baie d’en face – Ormos Ay  Ioannou – très bien protégée du meltem. Nous y resterons 3 jours, bien croché sur un fond de sable, subissant sans broncher 30/35 nœuds de vent. La plaisance, c’est le pied.

Une grande taverne est implantée au fond de la baie, dans une crique idyllique qui fait le bonheur des baigneurs. Mais il est tôt dans la saison (29 mai..) et l’ouverture n’est prévue que début juin !!!!!!!!!!!!!!!

Et l’avion du matelot est toujours prévu pour le 6 juin… Pas de panique, ça va le faire.

Mais ceci est une autre histoire.